Kinshasa, 16 octobre 2025 — Ce jeudi matin, une tentative de braquage à l’agence Rawbank de la Victoire, dans la commune de Kasa-Vubu, a été déjouée grâce à une intervention rapide et coordonnée des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), de la Police Militaire et de la Police Nationale Congolaise (PNC).

Dans un communiqué conjoint, les FARDC, la Police Militaire et la PNC ont salué la promptitude de leurs unités, affirmant que « la situation a été maîtrisée sans incident majeur ». Plusieurs individus ont été interpellés et font l’objet d’une enquête approfondie. Les autorités réitèrent leur engagement à « protéger les citoyens et sécuriser les institutions nationales contre toute forme de criminalité ».

La Rawbank, par la voix de son département de communication, a exprimé sa gratitude envers les forces de l’ordre et la population. « Aucun blessé n’est à déplorer parmi le personnel ou les clients », précise le communiqué. Le périmètre reste temporairement sécurisé pour permettre les vérifications nécessaires. La banque rappelle que « la sécurité de ses collaborateurs, de ses clients et des riverains demeure sa priorité absolue ».

Malgré le succès de l’opération, une image a bouleversé l’opinion : celle d’une femme, présumée assaillante, arrêtée, déshabillée et exposée aux regards. L’avocat Charles Kabuya a dénoncé sur X (anciennement Twitter) :

Son message, largement relayé, a ravivé le débat sur le respect des droits humains et la formation civique des forces de l’ordre. Plusieurs voix appellent à une réforme profonde des pratiques policières, notamment en matière de traitement des femmes en garde à vue.

Autre sujet d’inquiétude : l’absence de périmètre de sécurité autour de la scène du crime. Des centaines de curieux se sont massés autour de l’agence, filmant et commentant en direct, dans une ambiance évoquant la série « La Casa de Papel ». Ce manque de contrôle a été vivement critiqué par des observateurs qui pointent une mise en danger des civils et une gestion approximative de la foule.

Alors que les assaillants auraient été délogés en soirée, aucune image de leurs complices n’a été diffusée, mis à part celle de la femme arrêtée en journée. Ce silence suscite des interrogations sur la transparence de l’enquête. À ce jour, ni procès ni reconstitution des faits n’ont été annoncés. La population attend des explications claires et une communication officielle sur la suite des événements.

Ce braquage avorté, au-delà de son aspect sécuritaire, révèle les tensions persistantes entre efficacité opérationnelle et respect des droits fondamentaux. Il interpelle sur la nécessité d’une réforme éthique des pratiques policières, d’une meilleure gestion des scènes de crise, et d’une communication institutionnelle plus réactive. Kinshasa, une fois de plus, observe, s’indigne, et espère.

Par Thierry Bwongo

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