Paris, 30 octobre 2025 — C’est un moment de haute intensité diplomatique qui s’est ouvert ce jeudi matin dans la capitale française. Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, accompagné de la Très Distinguée Première dame Denise Nyakeru, a atterri à Paris pour participer à la Conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs, organisée du 29 au 30 octobre.

Cette rencontre internationale, tenue en étroite collaboration avec le Togo — dont le Président du Conseil des ministres joue le rôle de médiateur désigné par l’Union africaine dans la crise de l’Est congolais — marque une étape décisive dans la mobilisation mondiale pour une paix juste, durable et conforme au droit international en RDC.

Les assises de Paris ont pour ambition de replacer la question congolaise au centre des préoccupations internationales. Elles reconnaissent explicitement la gravité de la crise sécuritaire qui sévit dans l’Est du pays, et appellent à une action concertée des partenaires régionaux et internationaux. En saluant les efforts diplomatiques en cours à Washington et à Doha, la France affirme sa volonté de s’aligner face aux mutations géopolitiques et stratégiques qui redessinent les équilibres régionaux.

L’aéroport international de Goma entre les mains des rebelles M23 soutenus par le Rwanda

Dans un geste fort, le président Emmanuel Macron a annoncé depuis Paris la réouverture de l’aéroport de Goma, principalement pour des vols humanitaires diurnes. Cette décision, présentée comme un acte de solidarité, s’inscrit dans le strict respect de la souveraineté congolaise, selon les propos du chef de l’État français. Des corridors humanitaires viendront compléter ce dispositif, dans l’objectif de faciliter l’acheminement de l’aide aux populations affectées par les conflits.

Cependant, cette annonce n’a pas manqué de susciter des réactions. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a contesté la décision, affirmant que « l’aéroport est occupé par les autorités de fait » et que « les décisions doivent être prises dans le cadre des discussions de Doha ». Il a également souligné l’absence du M23 à la conférence de Paris, soulevant des interrogations sur la représentativité des acteurs impliqués.

Malgré les divergences, la conférence de Paris incarne une volonté renouvelée de bâtir une paix inclusive, fondée sur le dialogue, la médiation et le respect des institutions légitimes. La présence du Président Tshisekedi, aux côtés de nombreux dirigeants africains et européens, témoigne d’un engagement résolu à sortir la région des Grands Lacs de l’impasse sécuritaire.

Alors que les regards se tournent vers les prochaines étapes diplomatiques, notamment à Doha et Washington, Paris aura eu le mérite de relancer l’élan international autour de la RDC, en plaçant la dignité des peuples et la souveraineté des États au cœur des priorités.

Par Thierry Bwongo

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