Kinshasa, 3 décembre 2025 – La Ligue Nationale de Football (LINAFOOT) a publié un communiqué de presse exprimant sa profonde indignation face aux incidents répétés qui ont marqué plusieurs rencontres de la 31ᵉ édition du Championnat National Illicocash Ligue I. Ces débordements, attribués à certains supporters, ont gravement perturbé le déroulement des matches et compromis la sécurité des officiels, des joueurs et des spectateurs.
Les affrontements du 22 novembre entre FC Renaissance et OC Renaissance, ainsi que ceux du 30 novembre entre l’AS V.Club et le DCMP/K au stade Tata Raphaël, ont été particulièrement pointés du doigt. La Commission de Gestion a relevé des troubles entre camps de supporters, des jets de projectiles menaçant la sécurité des athlètes et des envahissements de l’aire de jeu, transformant les stades en zones d’insécurité totale. Ces comportements, jugés anti-sportifs et contraires à l’éthique, ont également contribué à la dégradation des infrastructures par des actes de vandalisme.
La LINAFOOT rappelle que ces incidents ne sont pas isolés. Plusieurs matches antérieurs ont déjà été émaillés par des actes d’incivisme, notamment ceux impliquant OC Renaissance, AS V.Club, DCMP/K et FC Renaissance. Face à cette récurrence, la Commission a décidé que tous les prochains matches de ces clubs se joueront désormais à huis clos, jusqu’à nouvel ordre. Elle avertit que toute récidive pourrait entraîner des sanctions plus sévères, allant jusqu’à la délocalisation des rencontres, conformément aux articles 24 et 25 du Code disciplinaire de la Fédération.
Dans son communiqué, la LINAFOOT appelle les clubs, les supporters, les autorités locales et les forces de sécurité à assumer leurs responsabilités pour préserver l’image du football congolais, symbole d’unité et de fair-play. La Police Nationale Congolaise et la Commission de Sécurité de la LINAFOOT sont chargées de veiller à l’application stricte de ces mesures.
Cependant, cette décision suscite de vives critiques. Certains observateurs estiment qu’elle traduit les limites de la Commission de Gestion de la Ligue Nationale de Football dans la gestion du championnat. Ils rappellent que des troubles similaires ont été enregistrés dans d’autres provinces, notamment au Katanga lors des matches Lupopo vs Mazembe, Tanganyika vs Simba ou Simba vs New Soger, sans qu’une mesure comparable n’ait été prise. Pour eux, jouer à huis clos prive les clubs de recettes essentielles et fragilise le partenariat avec le sponsor Illicocash, tout en pénalisant les supporters qui pourraient être sensibilisés à contribuer autrement.
Des voix s’élèvent pour proposer des alternatives : organiser des réunions d’évaluation sur la sécurité avant, pendant et après les matches ; réunir les responsables de sécurité des clubs et de la LINAFOOT pour définir des mesures communes ; solliciter le ministère des Sports afin de renforcer les infrastructures des stades ; et multiplier les campagnes de sensibilisation auprès des supporters sur le respect des zones neutres, la lutte contre la violence et la promotion du fair-play.
Pour ces critiques, la décision de la lINAFOOT apparaît comme une fuite de responsabilités et une mesure de circonstance qui risque d’affaiblir davantage le football national. Ils appellent la FECOFA à convoquer rapidement une réunion de concertation pour mettre en place de nouveaux mécanismes de gestion, afin de protéger à la fois les acteurs du jeu et les consommateurs de cette discipline. Dans un contexte où le football reste un vecteur de cohésion sociale, la gestion de ces incidents devient un enjeu majeur pour l’avenir de la LINAFOOT et de l’image du sport congolais.
Par la rédaction









