Kinshasa, janvier 2026 — Un séisme sécuritaire secoue les plus hautes sphères de l’armée congolaise. Plusieurs hauts gradés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont été arrêtés et placés en détention à la prison militaire de Ndolo. Ces arrestations, menées à l’issue de six mois d’investigations confidentielles par le Conseil national de cyberdéfense (CNC), révèlent l’existence présumée d’un vaste complot contre le Chef de l’État.
Un réseau structuré infiltré au cœur de l’appareil militaire

Selon les autorités, les preuves rassemblées sont « irréfutables » : les officiers interpellés sont soupçonnés d’avoir planifié un attentat contre le Président de la République, en lien avec une puissance étrangère non encore nommée. Les charges incluent la trahison, la tentative d’assassinat, l’intelligence avec l’ennemi, la propagation de discours haineux à caractère tribal, et la diffusion de fausses informations visant à fragiliser les institutions.

Liste des hauts gradés arrêtés :
- Lt-général Buamunda Ntumba
- Général-major Ndaywel Okura Christian
- Gén. de brigade Katende Batubadila Benjamin
- Gén. de brigade Longondjo Lobandji Antoine (Lolo)
- Colonel Boele Bagolome Jules
- Major Embole Ngondili Jean Lambert
- Maître Kabeya Mbuyi Jean Marcel
- Safari Bigarura John
- Mbu-Letang John
- Lt-colonel Ada Sebakungu
Ils sont poursuivis notamment sur base des articles 156 à 158, 194, 43 à 45 du Code pénal congolais, portant sur les atteintes à la sûreté de l’État.
Un tournant dans la lutte contre la subversion interne

Cette affaire sans précédent dans l’histoire récente des FARDC révèle un malaise latent au sein de l’armée. Le profil diversifié des officiers impliqués — tant sur le plan régional que fonctionnel — montre qu’il ne s’agit pas d’un complot isolé, mais d’un réseau structuré, actif au cœur même de l’appareil sécuritaire. Cela soulève des inquiétudes quant à l’ampleur réelle de la menace et aux complicités éventuelles.
Le CNC, un acteur stratégique désormais central
Peu connu du grand public, le Conseil national de cyberdéfense s’impose désormais comme un acteur clé dans la détection des menaces internes. Son rôle grandissant traduit une volonté des autorités de moderniser le renseignement national et de contrer les infiltrations numériques dans l’appareil d’État.
Vers une purge ou un signal fort ?

Dans un contexte où la RDC fait face à des tensions régionales (conflit à l’Est, contentieux diplomatiques avec le Rwanda), cette opération pourrait être interprétée comme un signal de fermeté du pouvoir face à toute velléité de déstabilisation. Mais certains analystes y verront aussi un possible règlement de comptes ou une instrumentalisation politique. La justice militaire, très attendue sur ce dossier, devra garantir la transparence du processus pour éviter toute suspicion.
Une affaire aux répercussions durables

Outre l’impact immédiat sur la hiérarchie militaire, cette affaire pourrait accélérer les réformes internes, durcir les dispositifs de sécurité autour du Chef de l’État et relancer le débat sur la cohésion au sein des FARDC. Elle interpelle également sur les limites de la loyauté dans une armée en reconstruction, fragilisée par des décennies de conflits internes et de manipulations politiques.
Par la Rédaction








