Kinshasa, janvier 2026 — Une nouvelle flambée de violence dans la province de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), illustre l’aggravation des attaques attribuées au groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF), militant islamiste affilié à l’État islamique. Si les détails continuent d’émerger, plusieurs sources locales et observations internationales confirment que les attaques contre les populations civiles ont fortement augmenté ces derniers mois, entraînant un climat d’insécurité persistant et des pertes humaines considérables.

Une série d’attaques meurtrières

Depuis 2025, les attaques des ADF ont provoqué de nombreux massacres dans l’Est congolais. En juillet 2025, une offensive dans la localité de Komanda (territoire d’Irumu) a coûté la vie à environ 43 civils, dont des femmes, des hommes et des enfants, lors d’une attaque contre une église et un quartier résidentiel.

Les violences se sont intensifiées, même au‑delà des frontières de l’Ituri. En novembre 2025, une série d’attaques dans le territoire de Lubero (Nord‑Kivu) a entraîné la mort d’au moins 28 civils, dont des patients dans un hôpital, lors d’un épisode sanglant considéré comme l’un des plus graves de l’année.

L’attaque la plus récente, rapportée par plusieurs sources locales, s’ajoute à ce sombre panorama d’insécurité dans les zones rurales et forestières du Nord‑Est. Ces actions s’inscrivent dans le cadre d’une intensification des opérations des ADF, qui profitent de la dispersion des forces de sécurité pour frapper des civils isolés.

Contexte régional et réponse militaire

Le phénomène ADF n’est pas nouveau : ce groupe armé d’origine ougandaise s’est implanté de longue date dans l’Est du Congo et est responsable de nombreuses atrocités depuis plusieurs années. Face à cette menace, les Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par l’Uganda People’s Defence Forces (UPDF), ont lancé des opérations conjointes — notamment l’opération Shujaa — pour affaiblir et neutraliser les cellules ADF présentes dans les forêts et les collines d’Ituri et du Nord‑Kivu.

Ces opérations ont permis de saisir des bases et de faire reculer partiellement l’organisation, mais les résultats stratégiques restent mitigés. Les ADF se sont adaptés, se dispersant dans des zones difficiles d’accès tout en continuant à frapper les civils.

Condamnations internationales

La communauté internationale, à travers notamment la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), a vivement condamné ces attaques meurtrières. Dans plusieurs communiqués, la mission onusienne a dénoncé la montée des violences dans l’Ituri et le Nord‑Kivu qui ont coûté la vie à des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants, et a appelé tous les groupes armés à déposer les armes et à respecter les accords de paix signés.

Un défi sécuritaire majeur

Éléments UPDF en collaboration avec FARDC

Ces violences récurrentes témoignent de la fragilité sécuritaire dans l’Est du pays, où plusieurs groupes armés continuent de semer la terreur malgré les efforts des forces gouvernementales et de leurs partenaires internationaux. Des appels répétés sont lancés pour renforcer les dispositifs de protection des civils, améliorer la coordination des opérations militaires et intensifier les initiatives de paix locale.

Dans ce contexte, la population civile reste la principale victime des combats. Les autorités congolaises assurent vouloir intensifier leurs efforts pour ramener l’ordre et la stabilité, mais la route vers la paix demeure longue.

Par la rédaction

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