Le climat se durcit à l’Office congolais de contrôle (OCC). Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a adressé une lettre officielle au Directeur général de l’établissement public, Tshimanga Mutombo, lui enjoignant de fournir, dans un délai de 20 jours, des explications écrites et documentées sur une gestion qualifiée de « gravité exceptionnelle ». Cette démarche pourrait ouvrir la voie à une procédure disciplinaire pour fautes de gestion, insubordination et mise en péril des intérêts de l’État.
Des pratiques jugées irrégulières
Dans sa correspondance, le ministre dénonce une volonté manifeste de s’affranchir des règles administratives, financières et éthiques qui régissent l’OCC. Il pointe notamment du doigt des recrutements jugés irréguliers, réalisés malgré les mesures d’austérité et les difficultés persistantes de l’entreprise à assurer le paiement régulier des salaires.
« Il est incompréhensible que des engagements de personnel soient effectués alors même que l’entreprise peine à honorer ses obligations salariales », écrit Julien Paluku.
Un système informatique parallèle sous enquête
Autre sujet d’inquiétude : la mise en place présumée d’un système informatique parallèle pour la gestion du contrôle des importations, notamment dans la direction provinciale de Matadi, avec un déploiement annoncé dans l’espace Katanga. Selon le ministre, ce dispositif fonctionnerait en marge des procédures officielles, compromettant la transparence et la traçabilité des opérations de l’OCC.
Un manque à gagner de plus de 25 millions USD
La lettre ministérielle évoque également un préjudice financier estimé à plus de 25 millions de dollars pour l’exercice 2025, lié à l’utilisation frauduleuse d’attestations de vérification, principalement rattachées à BIVAC BV. Plus de 6 600 dossiers seraient concernés, la majorité provenant de Matadi, entraînant un manque à gagner considérable pour l’OCC et le Trésor public.
« Ces pratiques portent gravement atteinte aux intérêts financiers de l’État », insiste le ministre.
Ultimatum de 20 jours
Julien Paluku exige du Directeur général des explications circonstanciées sur :
- les recrutements effectués malgré l’interdiction formelle ;
- l’identité des concepteurs et administrateurs du système informatique parallèle ;
- la disparition présumée des recettes issues des attestations de vérification.
Le ministre justifie cette démarche par la nécessité de préserver le patrimoine de l’État et de garantir une gestion rigoureuse et conforme aux règles au sein de l’OCC. L’issue de ce dossier pourrait marquer un tournant décisif dans la gouvernance de l’Office, alors que les autorités réaffirment leur détermination à lutter contre les dérives dans les entreprises publiques.
Par Didier Mbongomingi









