Ce lundi 9 février 2026, les bulldozers ont définitivement mis fin à l’existence du bidonville de Pakadjuma, dans la commune de Limete. Supervisée par le ministre provincial de l’Urbanisme et Habitat, Léon Mulumba, l’opération marque une étape majeure dans la politique de récupération des espaces publics et de restructuration urbaine engagée par l’Hôtel de ville de Kinshasa.

La démolition permet à l’Office national des transports (ONATRA) de récupérer une concession stratégique située le long de l’emprise ferroviaire, longtemps occupée par des constructions illégales. Selon les autorités, cette libération constitue une condition essentielle pour relancer les activités ferroviaires urbaines et moderniser le réseau, dans un contexte où l’ONATRA poursuit un programme de réhabilitation et d’acquisition de nouveaux trains destiné à améliorer la mobilité dans la capitale.

L’espace dégagé devrait notamment faciliter la remise en service de certains tronçons ferroviaires urbains et contribuer à désengorger les routes de Kinshasa, où la congestion constitue un défi majeur pour la circulation des personnes et des marchandises.

Au-delà de la démolition, les autorités envisagent la transformation progressive du site en un espace logistique et ferroviaire modernisé, intégré dans la stratégie globale de mobilité urbaine. Plusieurs sources évoquent la création d’infrastructures destinées à sécuriser les voies ferrées, améliorer les zones de maintenance et préparer l’arrivée de nouvelles rames ferroviaires dans le cadre du plan directeur de modernisation du transport public.

Ce projet s’inscrit dans une vision plus large visant à développer des alternatives de transport durable pour réduire la pression sur les axes routiers saturés et renforcer l’interconnexion entre les quartiers stratégiques de la capitale.

Pakadjuma était devenu au fil des années un symbole des défis urbains de Kinshasa : précarité, insalubrité, occupation anarchique et risques sécuritaires. Pour les autorités provinciales, la démolition répond autant à des impératifs d’urbanisme qu’à des enjeux de santé publique et de sécurité.

L’opération s’inscrit dans une série d’actions similaires menées ces derniers mois pour libérer les emprises ferroviaires et rétablir l’ordre urbanistique autour des infrastructures stratégiques de transport.

Le ministre Léon Mulumba a insisté sur le fait que cette opération marque une rupture avec des années de tolérance envers les occupations illégales. Pour le gouvernement provincial, la récupération de Pakadjuma symbolise la volonté d’imposer une planification urbaine plus rigoureuse afin d’accompagner la croissance démographique rapide de Kinshasa et préparer son développement futur.

Si les autorités présentent la démolition comme une étape décisive vers la modernisation de la capitale, l’opération soulève également des défis humanitaires, notamment pour les familles déplacées par les destructions. La gestion sociale de ces déguerpissements reste ainsi un enjeu crucial pour assurer l’acceptabilité des politiques d’aménagement urbain.

Avec la disparition de Pakadjuma, Kinshasa tourne une page emblématique de son urbanisation informelle. Reste désormais à concrétiser les promesses d’aménagement pour transformer cet espace stratégique en levier de mobilité et de développement urbain durable.

Par Didier Mbongomingi

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